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Interview: Christophe DUBOIS, ancien photographe officiel de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris

J’ai eu la joie de pouvoir échanger avec Christophe DUBOIS, ancien Pompier professionnel à la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris, et surtout photographe officiel de celle-ci durant de nombreuses années. Vivant en Bretagne, marié et père de deux enfants, en exclusivité pour leblogdelaphoto, Christophe nous raconte son parcours, ses activités, et ses projets.

Bonjour Christophe, pour commencer, pouvez-vous nous raconter comment en êtes-vous arrivé à devenir le photographe officiel de la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris ?

Originaire de Bordeaux, j’ai effectué mon Service militaire à Paris dans les pompiers en 1985. Ceci représentait une opportunité pour moi de découvrir Paris, mythique capitale ! Et ce qui devait être une expérience devint finalement une carrière ! Je me suis donc engagé au sein de la Brigade des Sapeurs-pompiers de Paris, en tant que pompier professionnel. Déjà passionné de photographie à l’époque, c’est lors de vacances à Tahiti que j’ai effectué mes premiers achats de boitiers : le Canon T90, et le Canon AE1.

En revenant de ces belles vacances, j’ai ainsi commencé à photographier certaines manœuvres, certaines interventions de la Brigade. Et le déclic s’est produit lors d’une passation de commandement de la compagnie, en 1991 ; des photographes officiels de la Brigade étaient présents pour couvrir l’événement. Ils travaillaient à l’époque avec des Nikon F4. Entre passionnés de photo, le courant est vite passé, et ils m’ont alors proposé une place au sein de l’équipe de photographes de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris. Ne savant même pas que ce service de presse interne existait, je me suis lancé, et à la suite d’une période d’essai, j’ai été confirmé. Il s’agit ainsi d’être disponible 24h/24 pour partir couvrir les grosses interventions en région parisienne (gros feu, accidents de circulation…), et être également présents lors des événements internes (pots de départs, passation de commandement…). Même si ces événements semblent moins intéressants photographiquement parlant, ils m’ont beaucoup aidé à développer une « personnalité de photographe », car lors de certains de ces événements, seul le photographe est apte à se déplacer partout. Il tient ainsi un rôle très particulier. Les photos que je prenais servaient au service de presse interne, pour le magazine interne des Pompiers de Paris, « Allo18 ». Nos photos devaient être prises seulement en tenue de service et pendant nos horaires de garde. J’étais ainsi toujours Pompier, mais je ne mettais plus du tout « la main à la pâte » : je suivais mes camarades en intervention, pour prendre des photos uniquement. Ce travail particulier nécessitait logiquement 7 ou 8 ans de service, pour bien connaître le métier de Pompier, savoir où se placer durant les interventions…

En 2000, j’ai décidé de voler de mes propres ailes, et je suis ainsi entré chez GEO, où je suis resté près de 4 ans. J’étais donc salarié du groupe Prisma Presse. J’y ai vécu des moments inoubliables, avec des parutions ayant extrêmement bien marché. J’ai pu faire un reportage documentaire sur les 10 plus grosses capitales du monde. Cela m’a permis de beaucoup voyager à travers le monde. En 2004, la chaîne ARTE, décide d’adapter un reportage que j’avais fait pour GEO sur les Pompiers du Monde. GEO a ensuite voulu sortir un livre « Pompiers du Monde volume 2 » en 2005. J’ai également réalisé un reportage photo sur les pompiers des 27 pays européens. Ce livre a été publié, « Pompiers d’Europe ».

Je me suis équipé en numérique en 2005, avec un Canon EOS 5D. J’ai également 3 boitiers Canon EOS 20D. Et je travaille sur environnement Mac.            

Avez-vous des limites en terme de prises de vues (lieux, sujets photographiés) ?

Non, nous n’avons aucune limite, car il s’agit de photos réalisées en interne pour la Brigade des Sapeurs-pompiers de Paris. Le développement des photos se faisaient également en interne, pour des raisons de confidentialité. Nous faisions ainsi des photos de Macabées, de personnes étant passées sous les métros, pour la formation et l’instruction des Pompiers, des médecins… Bien entendu, ce genre de photos n’était pas agréable à prendre, et on partait sur certaines interventions avec certaines retenues.

Quel est votre meilleur souvenir de photographe au sein de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris ?

Mon meilleur souvenir est d’avoir pu couvrir un accouchement. L’émotion qui se dégage de cet instant est incroyable. Les « beaux feux » sont également passionnants à photographier.

Et votre pire souvenir de photographe ?

Nous n’avons pas vécu de bons moments lors des attentats de Paris en 1995, dans le métro et le RER. Couvrir de tels événements en tant que photographe n’était vraiment pas un plaisir.

Quels sont vos projets pour la suite ?

Poursuivre les reportages sur les Institutions françaises, effectuer un reportage sur l’administration pénitentiaire (l’autorisation est toujours en attente pour celui-ci). Je suis également en train de terminer un reportage pour France 3 sur l’école des douanes de Rennes. Pour la suite, je m’inspire d’un article de Ouest France pour me donner des idées : « Et si tous les pompiers du monde se faisaient photographier ? ». C’est une très bonne idée ! J’en suis déjà à 45 corps de pompiers dans 45 pays différents photographiés ! La route est longue !

Un grand merci pour cet entretien, merci d’avoir accepté de répondre à ces questions, et je vous souhaite une excellente année 2010.

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